Malana (Inde) - Ce village ethnique a longtemps été ignoré des cartes, lui permettant de vivre hors du temps. C' est une véritable République. Malana est organisé sur un système patriarcale où chaque homme est un citoyen à part entière avec un droit de vote. Un par famille. Tous les 5 ans, chaque "chef de famille" élit des sénateurs (Chambre Haute). Une fois élus, les sénateurs procèdent à l'élection d'un président.
Cette photo représente les sénateurs discutant des modalités de la fête du village qui doit se dérouler dans deux jours (le 15 Août). Lors de cette fête c'est Jammu, le dieu du village qui est célébré. Un dieu sanguinaire pour lequel on sacrifie une vingtaine de moutons.
Jamlu est craint par les populations des vallées alentours et de tous ceux qui ne sont pas citoyens de la cité. La moindre offense et sa fureur s'abat sur les imprudents ou les maladroits.
Un indice pour la thèse selon laquelle les "Malana peoples" seraient des descendants de guerriers.
Notez en arrière-plan, sur le temple, une sculpture qui représente un éléphant. Nous sommes dans l'Himalaya à plus de 2.500 mètres d'altitude. Des éléphants, ici, personne n'en a jamais vus. Quant au temple, il est plusieurs fois centenaire. L'un des derniers à avoir survécu à un incendie meurtrier en 2007.
Moi, je suis un étranger, donc je ne dois pas le droit m'éloigner du chemin qui traverse le village. Je ne peux pas m'approcher des pierres sur lesquelles sont assis les sénateurs. Sous peine de m'attirer les foudres du dieu local et des habitants. Pas question cette fois de mettre mon objectif sous leurs nez.
J'ai un temps eu l'autorisation de m'asseoir avec les élus et de frôler certaines pierres sacrées. Mais c'était en 1994 et 1995. Je venais régulièrement ici depuis 1982. Les gens savaient que je m'intéressais à leur histoire. Il en étaient très honorés.
En surtout, à chaque fois, j'apportais un sac à dos rempli de 20 kilos de médicaments. A l'époque il n'y avait pas de route. Deux jours de marche en pleine montagne. J'étais plus jeunes, mais j'en bavais à chaque fois. systématiquement je perdais 4 à 5 kilos. D'autant que sur place il n'y avait pas grand chose à manger. Uniquement des légumes.
Si j'ai obtenu cette demi-citoyenneté, c'est aussi et surtout grâce à un ami qui résidait dans ce village. C'est lui qui m'avait accueilli lors de mon premier séjour en 1982. A l'époque, il était le seul à parler quelques mots d'anglais. Lui aussi était étranger. Son grand-père était arrivé ici, fuyant je ne sais quoi ?! Il n'était jamais reparti.
Mon ami (dont j'aurai l'occasion de vous parler plus longuement), a longtemps été le porte-parole des étrangers auprès des sénateurs et du président. Il est décédé en 2007 à la suite d'une violente crise d'asthme. Je ne l'ai appris qu'en revenant ici en 2009. J'ai toujours sa photo dans ma bibliothèque.
Si vous cliquez sur le PIP ou sur le lien vous aurez la même photo cadrée verticalement :
www.ipernity.com/doc/1922040/49991558
Le cadrage horizontal est plus informatif, alors que le cadrage vertical est, selon moi, plus réussi photographiquement parlant.
13 comments
Annemarie said:
Have a great day:)
Petite 106 (Sylvie) said:
J'attend la suite avec intérêt.
Pam J said:
Annaig BZH said:
Jean-luc Drouin replied to Annaig BZH:
William Sutherland said:
Admired in:
www.ipernity.com/group/tolerance
Jaap van 't Veen said:
Nautilus said:
Jean-luc Drouin said:
Nautilus replied to Jean-luc Drouin:
JiPR said:
Armando Taborda said:
Wierd Folkersma said: