Photo de famille
Bhaktapur (Népal) - La photo de groupe est souvent synonyme de pose statique. Rigide. L’anti-photographie. Le genre d’image que l’on fait contraint et forcé pour faire plaisir et que l’on oublie vite.
En voyage en revanche, j’utilise la photo de groupe comme technique d’approche. Les gens sont avec les membres de leur famille, leurs voisin et amis… Ils sont donc moins intimidés lorsque je me dirige vers eux d’un pas décidé, affichant un large sourire pour compenser le barrage de la langue et tenant mon appareil photo bien en évidence. Ca marche dans 99,99 % des cas, même en Amérique du Sud, contrée nettement mois accueillante pour les photographes que l’Asie.
Bon, je n’utilise pas cette technique dans un cul-de-sac isolé à la tombée de na nuit, avec des types aux regards sombres qui jouent aux fléchettes avec des couteaux à cran d’arrêt sur la porte d’un garage abandonné. La technique de la photo de groupe se fait dans des lieux de vie. Pas dans un coupe-gorge. Où alors, il faut être en immersion plusieurs jours voire plusieurs semaines comme j’ai pu le faire dans certains bidonvilles. Mais c’est une autre histoire.
Quand je suis accepté, je m’exécute. Non sans avoir fait, quand l’ambiance s’y prête, un petit numéro de clown en plaçant les protagonistes pour qu'il entrent tous dans le cadre. Clic-clac ! Je montre le résultat sur l’écran de contrôle (vive le numérique qui remplace les couteux Polaroïds).
Dans quasi-totalité des cas, les personnes photographiée sont raides comme des piquets. Mais en se reconnaissant sur la photo, ils se détendent. Ca suffit à leur bonheur. Pour eux, c’est terminé et on reprend une attitude moins guindée. C’est à ce moment que, sans prévenir, après avoir changé d’angle, je refais une ou deux photos pour moi. Il faut être rapide. J’obtiens à tous les coups des images plus naturelles. Nouvelle séance de visionnage et souvent, mes amis d’un moment, admettent qu’ils sont plus à leur avantage que sur la version spontanée.
Il y a une variante dans cette technique que j’ai utilisée pour la photo que je présente aujourd’hui. Je déclenche une première fois. J’attends quelques instants, l’oeil toujours rivé dans mon viseur. Au bout de 4 ou 5 secondes, tout le monde croit que c’est terminé ou que je me suis endormi et commence à se détendre. La petite fille n’avait pas cette attitude au moment du premier déclenchement. Elle s’est soudainement penchée dans l’attente d'une seconde photo. Je n’ai pas attendu plus longtemps et j’ai déclenché.
Certes, c’est toujours une photo de groupe, mais l’ensemble reste vivant.
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Taken on Saturday August 8, 2009
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Posted on Sunday September 29, 2019
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23 comments
Jaap van 't Veen said:
Nautilus said:
Jean-luc Drouin replied to Nautilus:
Annaig BZH said:
William Sutherland said:
Admired in:
www.ipernity.com/group/tolerance
Boro said:
Dominique 60 said:
Keith Burton said:
Thanks for the interesting narrative............It's always fascinating to learn how you go about taking your photos. You have a great way with words.
I really love this description that you used: "I don't use this technique in an isolated dead-end at nightfall, with dark-eyed guys playing darts with lock knives on the door of an abandoned garage".......just brilliant..!!
Nora Caracci said:
J.Garcia said:
Je n'ai pas vu les précédents , mais ces attitudes et expressions ne sont pas normales, sans parler de l'enfant...
Naturalité et spontanéité des femmes et de l' enfants sont délicieuses
Résultat parfait!
Reyk said:
Marek Ewjan Stachows… said:
sincere greetings → Marek-Ewjan
trester88 said:
Andy Rodker said:
Pam J said: