Quelques jours après avoir rencontré Petit Jean, une amitié est née. Des amitiés issues de mes voyages, j’en ai une bonne dizaine qui se sont liées tout au long de ces années passées à voyager pour le travail et pour le plaisir.
Dans le désordre, il y a Bernard, un médecin français rencontré en Inde, qui soignait les lépreux dans la rue ; un journaliste algérien avec qui nous avons subi des tirs de mortiers et de 12/7 au Sahara occidental, ou ce guide polyglotte cambodgien qui m’a fait rencontrer des éléphants retraités qui vivent en semi-liberté en pleine jungle… Et comment pourrais-je oublier mon grand ami Pappu ? Restaurateur-baroudeur dans l'Himachal Pradesh (Inde), malheureusement aujourd’hui disparu. La liste est loin d’être exhaustive. Les autres ne m’en voudront pas de ne pas les citer. Ils savent qu’ils ont tous la même importance pour moi. Et tous ont un point commun : je les ai revus plusieurs fois. C’est aussi pour eux que je retourne souvent dans les mêmes pays. Je suis même retourné deux fois en Thaïlande pour retrouver… Un chien.
Petit Jean, a désormais 49 ans, père de 4 enfants et vélo-pousse de profession. Il est ma dernière belle rencontre. Ce qui est étonnant, c’est que je l’avais déjà rencontré en 2016, la première fois que je suis venu à Antsirabe. J’avais loué ses services car il attendait les Occidentaux, en face de mon hôtel. C’est lui qui s’est rappelé de moi. Ce nom « Petit Jean » me disait bien quelque chose, mais c’est son sourire et son regard qui m’ont remis sur la piste de cette première rencontre vite oubliée à l'époque.
Il y a deux ans, je lui avais promis que je reviendrai. J’ai tenu parole et il m’a servi de guide et m'a transporté pendant quelques jours lors de mon dernier séjour dans la Grande île. Malheureusement, je suis tombé malade et nous avons perdu deux jours. J’étais alité, fiévreux, ne sachant pas encore que j’étais victime d’une vilaine bactérie. Je lui ai quand même demandé de venir nous chercher à l’hôtel pour nous emmener à la gare des taxis de brousse.
Craignant d’être contagieux, je ne l’ai pas pris dans mes bras pour lui dire au revoir, comme la dernière fois. Une étreinte qui avait médusé ses collègues. Ce qui me console, c’est qu’en quelques jours je lui ai laissé l’équivalent de plusieurs mois de salaire. Étant donné le pouvoir d’achat moyen d’un malgache, je ne me suis pas ruiné pour autant.
Je ne peux pas aider tout le monde, alors je me concentre souvent pleinement sur une personne. Et avec Petit Jean, je sais que ce sont ses enfants qui seront les premiers bénéficiaires de mon aide. J’espère le revoir un jour.
5 comments
Annaig BZH said:
Diana Australis said:
Au Cœur... diagonalh… said:
Pearl said:
Annaig BZH said: